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Vigie de l'IUGM : Médicaments et personnes âgées

Le mardi 22 octobre 2013

Vigie de l'IUGM : Médicaments et personnes âgées Médicaments et personnes âgées: merveilleux et dangereux

Introduction

On le sait, le souhait de la grande majorité des personnes âgées est de demeurer chez elles le plus longtemps possible. Mais pour y parvenir, elles doivent pouvoir conserver leur autonomie dans les activités de la vie quotidienne. Pas toujours facile quand on pense aux maladies chroniques qui sont susceptibles de toucher les personnes âgées. En effet, la médication est souvent le principal outil d’intervention thérapeutique utilisé chez les aînés. La plupart des médicaments d’ordonnance, lorsqu’ils sont bien utilisés, peuvent réduire significativement la morbidité et la mortalité et améliorer la qualité de vie des personnes. La posologie (dose et intervalle entre les doses), les bénéfices par rapport aux risques et la façon de prendre ces mêmes médicaments représentent quelques-uns des éléments dont on doit tenir compte pour obtenir un effet optimal.

 

Prendre la décision de consommer un médicament c’est décider en partenariat avec un professionnel de la santé (médecin / pharmacien / infirmière) que les bénéfices produits par le médicament dépasseront les risques ou les dangers potentiels ou réels.

 

Le vieillissement et les médicaments

Le vieillissement peut affecter l’efficacité des médicaments. En effet, le foie est un organe qui se compare à une usine de dégradation des médicaments. Avec l’avancement en âge, le foie métabolise moins efficacement certains médicaments qui doivent y être dégradés. De même, les reins qui permettent d’éliminer certains médicaments une fois dégradés, voient aussi leur fonction diminuer. D’où l’importance d’ajuster les doses ou l’intervalle entre celles-ci. De plus, en avançant en âge, le corps voit souvent apparaître un peu plus de graisse que de muscles. Ce phénomène peut affecter la distribution de certains médicaments dans l’organisme. Ces changements dans le fonctionnement ou dans la physiologie du corps vieillissant peuvent expliquer le fait que certains médicaments sont inappropriés pour les personnes âgées.

 

Les personnes âgées, atteintes de plus d’une maladie ou d’une condition chronique, voient les  risques reliés à la polymédication augmenter. La polymédication se définit comme l’utilisation de plusieurs médicaments et l’usage non nécessaire ou inutile de médicaments sur ordonnance et en vente libre.

 

Les médicaments : attention

La première règle d’une gestion responsable et sécuritaire des médicaments d’ordonnance, en vente libre ou des produits de santé naturels (PSN), est de consulter son pharmacien. C’est le spécialiste des médicaments, de leurs effets secondaires, des interactions possibles entre les médicaments ou entre les médicaments et les PSN ou entre les médicaments et les aliments.

 

Comme chaque personne est différente de par son poids, son âge, ses problèmes de santé, les interactions possibles avec ses autres médicaments et sa vulnérabilité, chaque ordonnance doit être adaptée ou ajustée à la personne. Afin d’atteindre les résultats recherchés par la prise de vos médicaments, il est donc essentiel de les prendre de la bonne manière. À cet effet, si vous devez prendre plusieurs médicaments pendant la journée, adoptez un pilulier. Cet outil permet d’organiser et de simplifier la prise de vos médicaments en fonction des heures de repas et du coucher, sans en oublier. Parlez-en à votre pharmacien et à votre médecin.

 

On ne doit pas sous estimer les problèmes associés à l’utilisation de la médication, plus particulièrement chez la clientèle âgée. Quelques chiffres :

 

  • Plus de 30 % des hospitalisations de personnes âgées fragiles sont reliées à un problème associé à la pharmacothérapie, et 57,1 % de ces problèmes sont jugés évitables.
  • Quelque 60 % des personnes âgées de plus de 65 ans prennent au moins un médicament sur ordonnance et la majorité d’entre elles prennent de 3 à 5 médicaments en moyenne. Ces chiffres excluent les médicaments en vente libre et les produits naturels.
  • Le taux d’observance aux médicaments est inférieur à 50 % chez 25 % des personnes âgées.
  • L’utilisation de 2 médicaments révèle un risque de 13 % d’évènements indésirables. Ce risque augmente à 58 % avec l’utilisation de 5 médicaments et il grimpe à 82 % si 7 médicaments ou plus sont utilisés.

 

La consommation de médicaments n’est pas un geste inoffensif. S’ils permettent d’atteindre les objectifs thérapeutiques (guérir, soulager, prévenir ou soutenir), ils peuvent aussi parfois engendrer des effets indésirables, communément appelé effets secondaires. Et plus on a de médicaments à prendre, plus le risque de souffrir d’effets secondaires augmente. Il est donc très important d’observer les réactions de son corps lorsqu’on débute la prise d’un médicament. Voici des exemples de réactions indésirables pouvant être reliés à l’utilisation de médicaments : chutes, insomnie, perte de coordination, malnutrition, déshydratation, perte d’appétit, perte de poids, perte de mémoire, incontinence, confusion, délirium, hallucinations, étourdissements, somnolence, constipation, nausée…

 

Les effets indésirables, s’ils ne sont pas détectés, peuvent diminuer la qualité de vie : visites à la salle d’urgence, chez le médecin, chutes, fractures, hospitalisation, perte de fonctionnalité, d’indépendance, placement en centre d’hébergement et de soins de longue durée…   

 

Selon la gravité des effets indésirables observés, il se peut qu’une action doive être entreprise pour contrôler l’effet indésirable. Le médecin et, dans certains cas, le pharmacien choisira alors de cesser le médicament ou d’en ajuster la dose, d’ajouter un autre médicament pour contrer le symptôme observé, de diminuer graduellement la dose ou la fréquence du médicament ou encore de remplacer le médicament par un autre. Ne prenez pas de libertés avec vos médicaments. Si vous pensez qu’il y a un problème avec votre médication, parlez-en à votre pharmacien et à votre médecin. Ne faites pas des changements vous-même.

 

En résumé

  • Conservez en tout temps sur vous (même en voyage !) la liste à jour des médicaments que vous consommez (votre pharmacien peut vous la fournir). Ainsi, vous aiderez grandement les équipes soignantes qui seraient appelées à prendre soin de vous;
  • Observez  vos réactions lorsque vous débutez un nouveau médicament ou lorsque la dose est modifiée, prenez des notes, essayer d’établir des liens;
  • Écrivez vos questions et posez-les à votre pharmacien et à votre médecin;
  • Rapportez vos médicaments périmés à votre pharmacien;
  • N’utilisez pas les médicaments d’une autre personne. Ils peuvent ne pas convenir à votre situation de santé.

 

 

 

 

Références :       

Approche adaptée à la personne âgée en milieu hospitalier MSSS 2011

Protégez-Vous Guide pratique Aide aux aînés 2011Hors Série

Agrawal, A., Wu, W., & Khachewatsky, I. (2007). Evaluation of an electronic medication

reconciliation system in inpatient setting in an acute care hospital. Studies in Health Technology &Informatics, 129(Pt 2), 1027-1031.

Fulton, M. M., & Allen, E. R. (2005). Polypharmacy in the elderly : a literature review. Journal of

the American Academy of Nurse Practitioners, 17(4), 123-132.

Payot, I., Monette, J., Béland, F., & et al. (2006). Problèmes reliés à la pharmacothérapie comme

cause d’hospitalisation chez la personne âgée fragile. La Revue de Gériatrie, 31(10), 785-794.


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